Exclusivité : Pourquoi la formation du Gouvernement se fait-elle toujours attendre ? Albert Moleka éventre le boa !

Par Gédéon ATIBU

La formation du Gouvernement qui sera dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde se fait-elle toujours attendre, deux mois après la nomination du nouveau Premier Ministre.

Albert Moleka, l’ancien bras droit de l’opposant historique congolais, s’est confié à 24H.CD sur les sujets chauds de l’actualité congolaise. La première sortie médiatique depuis septembre 2020.

Difficile partage des portefeuilles

Aucune explication n’est donnée officiellement mais Emmanuel Albert Moleka Nzoko, homme politique et ancien Chef de Cabinet du feu Étienne Tshisekedi, estime que ce retard est dû à la configuration hétéroclite de la coalition dite de l’union sacrée: 

« J’avais compris le discours du 23 octobre 2020 du Chef de l’État sur la création de l’Union Sacrée de la Nation comme un appel pour un large consensus populaire sur la gouvernance du pays. Malheureusement , j’ai l’impression dans le fait que l’Union Sacrée se révèle être un ensemble assez hétéroclite de plateformes , regroupements et partis politiques et que la vision est très floue. Pas de charte , pas de statut. Je n’ai pas encore entendu quelqu’un jusqu’aujourd’hui préciser exactement c’est quoi la vision de l’Union Sacrée. La vision du Chef de l’État n’a pas été expliquée clairement », a-t-il fait remarquer.

Plusieurs sources, y compris au sein de l’UDPS, affirment qu’il y a beaucoup de divergences sur la répartition des postes ministériels en passe d’être aplanies.

Pour Albert Moleka, « Avec ce qu’on observe ce sera très difficile à l’Union Sacrée telle qu’elle est aujourd’hui sans charte sans frontières claires d’avoir l’adhésion populaire nécessaire pour réellement faire changer des choses ».

Qu’est-ce qui est à l’origine d’une nouvelle crise qui retarderait la formation du gouvernement ?

« La première raison proviendrait de la nature même de cette Union Sacrée. Si l’Union Sacrée dès le départ était une organisation ou structure bien étudiée , elle aurait moins de difficultés à former un gouvernement et à faire marcher d’autres choses», estime Albert Moleka qui a été pendant six ans directeur de cabinet et porte-parole du leader de l’UDPS (2008-2014).

Albert Moleka redoute le pire qui s’est passé avec le FCC où la guerre à l’interne a précipité le départ de Jeannine Mabunda du perchoir de l’Assemblée nationale.

« L’Union Sacrée, décrétée après, a profité de l’indigestion du FCC pour aider à tomber l’arbre et en ramasser les fruits. Maintenant comment allez-vous contrôler ces fruits. Lesquels sont bons ou mauvais? Vous êtes obligé de tout prendre pour montrer que vous avez tout mais comment vous allez gérer tout car en politique lorsqu’on cherche à avoir plus de pouvoirs et de soutiens , faudra-t-il savoir comment gérer ce plus de pouvoirs et soutiens»
, a-t-il renseigné.

Au-delà de toutes les considérations politiques , insiste-t-il sur le sens de patriotisme qui doit caractériser non seulement l’homme politique mais aussi tout citoyen congolais. Il rappelle que l’existence du pays est réellement en danger. Pour sauver la patrie et en assurer son développement, « Nous devons pouvoir nous unir sur certaines choses et soutenir les actions qui fassent aller le pays de l’avant»

Et de renchérir : « Le danger dans lequel se trouve notre pays n’est pas une vue d’esprit. Arrêtons le fanatisme qui ne mène à rien qui ne produit pas , qui ne fait qu’encourager la mauvaise gouvernance. Sachons dénoncer ce qui n’est pas bon et encourager ce qui est bon»

Pour éviter de devenir un FCC bis , l’Union Sacrée doit très rapidement se structurer et se mettre d’accord sur un programme minimum de priorités pour le temps restant du mandat du Président Félix Tshisekedi.

Âgé de 65 ans , celui dont la famille ( Moleka) était proche de Mobutu ne pense non seulement à son avenir mais plutôt connaît déjà et de manière convaincue son avenir politique.Il nous laisse entendre sur un ton rebondissant qu’il faut éviter de faire de bonnes choses au mauvais moment et surtout tenir toujours compte des circonstances qui s’offrent devant.

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