Grossesse non désirée et avortement provoqué : « Les tenants et les aboutissants »

Par Marie Ange Walela (Stagiaire IFASIC)

De par sa définition, l’avortement est la perte d’un embryon ou d’un fœtus pendant une grossesse. Elle peut donc être spontané, provoqué et volontaire.

En RDC, l’avortement provoqué représente un sérieux danger pour la santé des femmes et par conséquent, pour le bien être de leurs familles en particulier et de la société en générale.

Dans chaque société aussi bien dans le monde entier, le contexte culturel, juridique, économique et des services sanitaires jouent un rôle de haut niveau dans la pratique de l’avortement.

À l’échelle mondiale, les estimations démontrent que 25 millions d’avortements non sécurisés soit 45% sur l’ensemble des avortements ont été pratiqués chaque année entre 2010 et 2014.

Selon une nouvelle étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’institut Guttmarcher publié le 28 Septembre 2017 dans la revue The lancet la majorité des avortements non sécurisés soit 97% ont été pratiqués dans les pays en développement à l’instar des pays de l’Afrique, de l’Asie et en Amérique latine.

Sur le plan national, selon l’Institut Guttmarcher : 146 700 avortements ont été réalisés à Kinshasa en 2016, selon les estimations. Ceci représente donc le taux d’avortement de 56% pour 1000 femmes en âge de procréer soit de 15 à 49 ans.

Par ailleurs, aucune femme ne souhaite en aucun cas avoir un avortement non planifié, mais certaines femmes, les célibataires et surtout les jeunes filles ne voient pas d’autres issues que d’avorter pour plusieurs raisons dont notamment : La crainte sur son image, la peur de la réaction des parents et certains membres de la famille, l’incertitude pour son avenir de continuer ou non les études, la prise en charge du bébé, les attitudes moralisatrices des amis,es et connaissances ; mais aussi la honte et de la perte d’une certaine crédibilité.

Fort malheureusement, cette pratique à haut risque a des conséquences néfastes chez la femme du point de vue médicamenteux et chirurgical comme : les saignements, les spasmes, les nausées, la diarrhée, le risque de lésion utérine, le risque d’infection aussi, le manque d’intimité et d’autonomie.

Plus loin, s’ajoutent aussi d’autres répercussions psychologiques traduites par des pensées intrusives, l’anxiété, la détresse, la dépression et d’autres effets.

Interrogée à ce sujet par la rédaction de 24H.cd, Madame Perpétue Tshibola a soutenu que le code pénal de la RDC a déjà tranché sur cette problématique.

‹‹ Le code pénal de notre pays interdit l’avortement, sans aucune exception. Malgré cette interdiction légale, il est admis que l’intervention soit pratiquée pour sauver la vie de la femme au cas où l’enfant serait une menace ›› explique-t-elle.

Et de poursuivre : ‹‹ La RDC est signataire du protocole de Maputo, un traité régional sur les droits des femmes ; en légalisant l’avortement lorsque cela est nécessaire à la protection de la santé physique et mentale de la femme. Aussi, en cas de viol, d’inceste et de l’anormalité foetale ››, a ajouté Mme. Perpétue Tshibola.

Un autre intervenant au cours de cette interview a précisé que l’église est contre la pratique de l’avortement et ce, au nom de la défense de la vie de sa genèse à la fin. Il s’agit de Père Michel Mankonga, prêtre catholique de la congrégation de « Salésiens de Don Bosco » qui s’est confié à 24H.cd.

‹‹ Tout être humain qui vient au monde commence d’abord par l’action de la fécondation. La question de l’avortement est liée fortement à la préoccupation de la personne humaine. L’avortement provoqué pour quelques motifs absolument pas nécessaires est considéré comme un homicide car on supprime un être en puissance et l’église condamne fermement cette pratique ››, déclare-t-il.

À l’égard de ce qui précède, le Gouvernement congolais via son ministère de la santé publique et prévention devrait élaborer des politiques d’appui et prendre des engagements financiers pour fournir une éducation sexuelle complète; un large éventail de méthodes contraceptives, y compris la contraception d’urgence ; des conseils de planification familiale adéquats ; et l’accès à l’avortement sécurisé et légal afin de prévenir les grossesses non désirées et les avortements non sécurisés.

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