Corruption en RDC : Ces révélations troublantes de l’APNAC

Par Olivier Rolland Tshimanga

En RDC, malgré les efforts fournis par les autorités pour éradiquer la corruption, ce phénomène est loin d’être éliminer totalement, et plusieurs institutions de la République sont à la base de nombreux faits de corruption selon l’APNAC.

En effet, le Réseau des parlementaires africains contre la corruption en RDC (APNAC-RDC) a rendu public son rapport, ce vendredi 23 juillet 2021, dans lequel il révèle le manque à gagner que connaît la RDC suite aux faits de corruption. Au moins 7 979 152 682,57 USD est le chiffre de l’argent qui échappe à l’État et 150 terrains de l’État spoliés.

Ce rapport couvre la période allant de janvier à décembre 2020. Il a été constitué sur base des dénonciations téléphoniques faites via le numéro vert de l’APNAC pour lutter contre la corruption.

C’est le Président de l’APNAC RDC, le député national Jean-Pierre Pasizapamba qui a rendu public ce rapport avec son comité, en présence du bureau de la chambre basse du parlement, représenté par le 2ème vice-president, Vital Banywesize qui a réceptionné ledit rapport.

l’APNAC a, au total, reçu dans son centre d’écoute, 148 cas de dénonciations des faits de corruption. Les cas dénoncés concernent les institutions suivantes :

  • La Présidence de la République,
  • Le Parlement,
  • Le Gouvernement
  • Les gouvernements provinciaux.

La malversation financière, le détournement, maquillage des chiffres, maffia, l’opacité dans la gestion des impôts, blanchiment des capitaux, la spoliation, vente illicite des mines et des minerais, l’attribution illégale des marchés publics, l’opacité dans la gestion de fonds, l’escroquerie des clients, la complaisance dans le contrôle des transactions bancaires par la banque centrale, l’attribution anarchique des carrières minières, la fraude douanière, représentent les formes de corruption dénoncées auprès de l’APNAC.

Selon le rapport, voici comment se présente la situation relative aux faits de corruption dans les provinces :

  • Kinshasa 65%
  • Nord-Kivu 5,40%
  • Ituri 3,40%
  • Haut-Katanga 3,40%
  • Kwilu 3,40%
  • Lualaba 2,70%
  • Mongala 2,70%
  • Maniema 2,70%
  • Sud-Kivu 2,03%
  • Kwango 2,03%
  • Équateur 2,03%
  • Lomami 1,35%
  • Haut-Uélé 1,35%
  • Sankuru 1,35%
  • Tshopo 1,35%
  • Kasaï-Central 1,35%
  • Kasaï 0,68%
  • Maindombe 0,68%.

A en croire le même rapport, la situation au sein des institutions concernées se présente de la manière suivante :

  • La Présidence de la République 11,48% soit 17 cas sur 148 ;
  • Le Parlement 2,04% soit 3 cas sur 148
  • Gouvernement central 36,48% soit 54 cas sur 148 ;
  • Gouvernements provinciaux 38,51% soit 57 cas sur 148.

L’APNAC a également reçu les dénonciations concernant les institutions d’appui à la démocratie.

  • 2 cas pour le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA)
  • 1 cas pour la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
  • 4 cas pour la banque centrale du Congo (BCC)
  • 8 cas dans le secteur privé.

Sachez que le rapport de l’APNAC est mis à la disposition du public pour permettre aux institutions spécialisées de fouiner et d’investiguer davantage pour éclairer la lanterne de tous.

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