Littérature : Le livre «Guérir le Congo du mal Zaïrois» de Mukoko Samba porté sur les fonts baptismaux

Par Olivier Rolland Tshimanga

En RDC, l’ouvrage intitulé «Guérir le Congo du mal Zaïrois» de Daniel Mukoko Samba a été porté sur les fonts baptismaux. C’était au cours d’une cérémonie de vernissage organisée le samedi 09 octobre 2021 à Kinshasa.

Publié aux éditions Academia, «Guérir le Congo du mal Zaïrois» est un ouvrage au titre osé et interpellateur. Son auteur rappelle la responsabilité des élites dans la déchéance de la RDC, due à une déstructuration volontaire. Il retrace le parcours d’un État né dans la tourmente d’une décolonisation ratée et des tentatives de rupture avec des structures héritées de l’ordre colonial.

D’après les explications de Mukoko Samba à propos de son ouvrage, c’est depuis 1960 que la RDC n’a pas réussi à concevoir et exécuter un plan de développement jusqu’au bout.

« Dans cet ouvrage, mal zaïrois symbolise l’impuissance de l’action publique. C’est cette incapacité de l’État à concevoir des politiques publiques, à les mettre en œuvre et à aller jusqu’au bout. Peut-on juste signaler l’incapacité du pays à organiser un recensement général de la population depuis tout ce temps? Pourtant, c’est une opération routinière. Depuis 1960, on a pas réussi à concevoir et exécuter un plan de développement jusqu’au bout. C’est cette impuissance de l’action publique qui est définie ici comme le mal zaïrois et dont il faut extirper. Comment? C’est en transformant l’Etat congolais, en faisant de l’État congolais un agent de développement capable et efficace », a-t-il éclairé.

Et de poursuivre tout en retraçant la source historique de son livre : « C’est d’abord la longue recension que je fais. J’ai reconstitué l’histoire de notre pays sur le plan économique et politique depuis 1885. Cela, en montrant comment on s’est constitué comme un État et comme ce territoire s’est retrouvé insérer de force dans l’économie mondiale, comment le pouvoir colonial a organisé l’exploitation des ressources. Et comment au lendemain de l’accession à l’indépendance, navigué entre deux extrêmes : rompre avec l’économie mondiale ou pas ? C’est un récit complet de 1885 à 2016. Nous avons tiré dans ce récit les caractéristiques majeures de ce que nous sommes en tant que système politique depuis le 30 juin 1960, des élites politiques fragmentées, dispersées, difficilement ensemble. Dans ces conditions, il est difficile d’avoir un projet national ».

Pour guérir le Congo de ce mal, Daniel Mukoko Samba pense à son humble avis qu’il faut retravailler l’État.

« Il faut remodeler l’État, faire de l’État un agent de développement, un acteur puissant, penser à l’État bulamatari, un État casseur des pierres. Un État qui ne recule pas devant la difficulté, qui ne recule pas devant la roche, mais qui taille dans la roche ».

Homme avisé de la politique congolaise, Daniel Mukoko fut un ancien Directeur de cabinet adjoint du Premier Ministre Augustin Matata Ponyo et ancien vice-premier ministre et ministre du budget.

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