Reprise des fonctions par François Beya à la Présidence : Dans sa peau de pacificateur, Kamerhe à la manœuvre pour convaincre « Fantômas »

Par Olivier Rolland Tshimanga

En RDC, Vital Kamerhe, ancien Directeur de Cabinet du Président Tshisekedi, se trouve être au centre des enjeux politico-sécuritaires, mieux stratégiques, et serait, selon des sources assez introduites, à la manœuvre pour convaincre François Beya Kasonga, afin que ce dernier accepte de reprendre ses fonctions de Conseiller Spécial du Chef de l’État en matière de sécurité et ce, malgré la résistance pour ne pas dire refus de celui qu’on appelle affectueusement « Fantômas », suite à l’humiliation qu’on lui a fait subir par certains services d’intelligence notamment l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), dont l’Administrateur Général, Jean-Hervé Mbelu Biosha, a été nommé par le Président de la République sur sa recommandation, en sa qualité de Responsable du Conseil National de Sécurité (CNS) de l’époque.

Dans sa peau de « Pacificateur », surnom qu’il a hérité après avoir conduit une mission de pacification à l’Est de la RDC en 2002, en sa qualité de Commissaire Général adjoint en charge des Relations avec la Mission des Nations-Unies au Congo « Monuc », puis Commissaire général du Gouvernement chargé du Suivi du processus de paix dans la région des Grands Lacs, mission qui avait débouché à la signature de l’Accord de Sun City, Vital Kamerhe jouerait le rôle d’émissaire du Président Tshisekedi auprès de François Beya, et se battrait comme un diable dans un bénitier pour accomplir la mission lui confiée, celle de ramener, coûte que coûte, le securocrate dans l’entourage immédiat du Chef de l’État.

Après plus de six mois d’incarcération, d’abord dans les geôles de l’ANR, puis à la prison centrale de Makala, François Beya, jugé depuis le 3 juin dernier pour complot contre le Chef de l’État, a bénéficié d’une remise en liberté provisoire le 16 août dernier. La Haute Cour Militaire a pris cette décision sur la base d’une expertise médicale réalisée à sa demande et dont les conclusions ont recommandé la prise en charge urgente de François Beya. Le 19 août, Fantômas a été évacué à Paris, en France, pour y recevoir des soins médicaux appropriés et où il poursuivra sa convalescence pendant plusieurs mois, sauf changement de dernière minute. Son voyage à Paris a été facilité par un Chef d’État de la région qui avait affrété un avion pour le besoin de la cause et la cause du besoin. À noter également que, lors de son séjour à Kinshasa, le Secrétaire d’État Américain Antony Blinken avait évoqué le dossier François Beya et aurait demandé, selon les sources concordantes, la libération sans condition de ce securocrate.

Quelques jours après la mise en liberté provisoire, puis le voyage de François Beya à Paris, c’était au tour de Vital Kamerhe d’embarquer à bord d’un avion régulier, en direction de la France, pour y rencontrer et échanger avec l’ex Conseiller Spécial de Félix Tshisekedi en matière de sécurité. Selon les mêmes sources, les discussions se poursuivent entre les deux personnalités et, entre acceptation ou refus de Fantômas, rien n’est à exclure jusque-là.

Redistribution des cartes au sein des différentes sphères du pouvoir, préalable pour obtenir le retour aux affaires de François Beya

En dépit de sa détention de plus de six mois, François Beya continue à réaffirmer sa loyauté au Président Tshisekedi, mais n’entend pas travailler aux côtés du Chef de l’État avec les gens qui ont activement participé à son humiliation.

Pour ce faire, il aurait posé des conditions, avant qu’il accepte de faire son come-back à la Présidence de la République, étant donné que l’Ordonnance de sa nomination n’a jamais été abrogée jusqu’à preuve du contraire. En plus de cela, il faut mentionner que Fantômas a voyagé en France avec sa casquette de Conseiller Spécial du Chef de l’État.

De son côté, le Président Tshisekedi s’apprête à redistribuer les cartes dans son entourage et recomposer ses équipes. Il compte effectuer des changements stratégiques au sein de son cercle, car jugeant certains de ses collaborateurs « inefficaces ».

Dans les rangs des services d’intelligence, Félix Tshisekedi s’apprête à limoger l’Administrateur général de l’Agence Nationale de Renseignements, Jean-Hervé Mbelu Biosha, dont l’efficacité est sérieusement remise en cause depuis le début du dossier de Fantômas. D’après les mêmes sources, Félix Tshisekedi aurait demandé, avec insistance, les éléments de preuve qui attesteraient l’implication de François Beya dans la tentative de coup d’État, auprès de l’AG de l’ANR, mais sans succès.

À en croire les sources de 24H.CD, plusieurs pays, y compris des voisins, ne préfèrent plus collaborer avec l’ANR ou le Conseil National de Sécurité (CNS). Cause principale, inefficacité. C’est suite à cette situation que le Chef de l’État effectuera, dans les prochaines semaines, des changements purement stratégiques pour se libérer de ceux qui auraient bâclé le travail.

Reste à savoir si l’ancien « Monsieur Sécurité » pourrait finalement accepter de revenir aux affaires, et surtout qu’il s’apprêtait déjà, selon son entourage immédiat, à prendre sa retraite professionnelle, tout juste à l’issue du premier mandat de Félix Tshisekedi, et cela après avoir rendu des loyaux services à la Nation Congolaise, dans son domaine de prédilection, depuis pratiquement 40 ans. Du Président Mobutu à M’zee Laurent-Désiré Kabila, passant par Joseph Kabila Kabange jusqu’à Félix-Antoine Tshisekedi, François Beya est détenteur d’un parcours élogieux dans les rangs des forces de sécurité et services d’intelligence. Il a la maîtrise avérée du paysage sécuritaire RD Congolais et même celui de certains pays de la région, plus que n’importe quel securocrate.

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